3 ETAPE : TRANSIT ENTRE 3 ETATS
- Arrivee a Kannur en bus a 6 h oo du mat sans avoir pu fermer l oeil de la nuit, on a attendu l ouverture des guichets pour reserver tous nos tickets a l avance afin d eviter les desagrements du bus et les longues files d attente... Changement de programme, impossible de rejoindre la reserve naturelle convoitee sans perdre deux jours en transport.
- Nous prenons un train pour Mangalore faute de mieux, impression de retour en arriere nous nous retrouvons dans le karnataka, notre Etat, ce qui nous met mal a l aise tres vite. Etrangete de revenir dans un Etat ou la langue ne nous ai pas inconnue, impression de retour en arriere, pas de visites pour une ville si proche de Kundapura (2H), un resto chic du Lonely (encore, j en ai ras le bol de voyager avec des filles en mal de bouffe et d occidentalisation ...) , un cafe meme plusieurs expressos chicos (encore) et retour en France via internet pour glaner quelques potins ... Enfin dans la nuit nous prenons un bus pour Goa, notre future etape et attaquons notre seconde nuit blanche.
- Arrivee sous la pluie a PANAJI, premier hotel complet, deuxieme ferme depuis des annees (encore merci au Lonely), troisieme trop sale, bon je suis habituee aux reptiles mais nous aurions ete obligees d ecopper la chambre ... faute de mieux nous nous installons au Elite Hotel qui ne tient non pas sur de longues jambes bronzees mais a l aide de bambous et de vieilles ficelles, elles memes soutenues par du ciment !
- PANAJI, 99 000 habitants, capitale occidentale de Goa depuis 1843 :
Ressemble a une indienne deguisee en portugaise.
En deambulant dans l enchevetrement de ruelles etroites (a force de se perdre) on decouvre de petites maisons aux toits de tuile (dans le sud, on utilise plutot des feuilles de palmier), aux volets clos (dans le sud, pas besoin d huissierie) et aux minuscules balcons suspendus. Le Portugal est a bout de bras, on sent la colonisation, de nombreuses eglises, plus de liberte dans les vetements pour les femmes, des indiens a peaux plus claires voire blanches, un physique hispanique ... et pas de vaches, ont elles toutes ete devorees ?
Une journee et une nuit suffit bien pour decouvrir cette drole de ville bercee entre deux pays mais parfaite pour le shopping, si vous voulez un Levis a 1/3 du prix, sonnez !
- Apres Panaji direction VELHA GOA (Old Goa), consideree comme l ancienne capitale portugaise, a 9 km de Panaji. Cette ville qui parait il rivalisait jadis de magnificience avec Lisbonne (bon ok j ai pas vu Lisboa, mais bon ) n est a visiter que pour les benitiers de cures. Il ne reste plus qu aujourd hui qu une douzaine d eglises et de cathedrales, dont certaines patrimoines de l Unesco car figurant parmi les plus vieilles d Asie, et elles sont intactes ....
Conclusion : circulez, il n y a rien a voir !
- Apres avoir deguste un plain crab geant pour 2 euros, direction MARGAO pour prendre notre train, idem rien a voir sauf si apres Panaji vous avez encore la nostalgie des pays hispaniques...
Mais la surprise, nous decouvrons que nous sommes sur la waiting list pour MUMBAI. PANIQUE 1/2 h avant de prendre le train.
N.B : Margao-Mumbai 765 km soit minimum 12 h de train. Dans le train, Emma a essaye d acheter un chef de gare mais impossible, le train etant full until Mumbai des regular a la first class. Il ne nous restait plus qu a traverser tout le train en marche, soit quatres classes mais aussi la buanderie et les cuisines, epique, afin de rejoindre nos bancs de bois recouverts d une bache en plastique bleue et un wagon remplie d hommes.
Pas de bananes, ni de sleeper pour Emilie ... Le temps va etre long, j ai le choix entre parfaire mon anglais ou m abreuver d un livre narrant la montee de l independance en Inde .... Quel choix ai je pris ?
MESURES DE PRECAUTION AVANT UNE NUIT BLANCHE :
1- Conseiller vivement par les vendeurs ambulants, dont d ailleurs la nourriture est delicieuse : Mettre ses sacs en hauteur.
2- Les attacher, voleuse emerite, je ne pense pas pouvoir m emparer de 4 sacs dont un de 25 kilos, attaches ensemble...
3-Reserver tout un banc en s etalant le plus possible s avere inutile, vous passerez tout le prajet a partager votre hypothetique lit. En effet, une jambe toute velue s est posee sur mon lit des le premier arret, j apprecie mieux la longueur des saris...
4- Eviter de provoquer un scandale : Une vieille dame de 70 ans, Lasckmi etait assise par terre au milieu de 12 hommes assis. Je me suis mise en colere, en francais et en anglais contre l impolitesse des hommes et en faveur de la galanterie, pas un n a reagi, seulement quelques rictus... J ai donc propose ma place a la vieille dame, elle a d abord cru que je l insultais ! je pense en lui demandant de ne pas occuper le couloir puis elle s est assise, en me souriant. J ai a nouveau essaye d expliquer mon geste a ces machos d indiens puis enervee ai fume une cigarette (attention c est interdit sous peine d une amende de 2 euros). Un jeune m a alors explique que nous etions en Inde et que la place des femmes n etaient pas la meme.
- LA CONDITION DES FEMMES EN INDE
Un rapport accablant sur l'inégalité des sexes en Inde est sorti récemment. Amod Kumar a étudié pendant 5 ans les courbes de mortalité infantile d'enfants du Saint Stephen's Hospital de New Dehli dont il avait la charge. Il en est en premier ressorti que la probabilité de mort avant l'âge d'un an est 1,3 fois plus élevée chez les petites filles que chez les garçons. De plus, la grande majorité des décès dits inexpliqués concernent des fillettes et celles-ci sont 2 fois plus nombreuses à succomber de diarrhées, dont la mise en place du traitement est pourtant très simple, ceci toujours comparé aux bébés de sexe masculin. On estime dans ce pays que la naissance d'une petite fille appauvrit le foyer : les fillettes sont donc très mal considérées et moins bien traitées. Ainsi, elles seraient deux fois plus exposées à la mort que les garçons.Dans le monde, c'est plus de 100 000 femmes qui sont absentes des statistiques (majoritairement dans l'Asie de l'Est) car victimes d'actes barbares comme l'infanticide, la privation de soin, l'abandon ou la malnutrition....
Mais le plus grave et le plus alarmant est l'eugénisme par détournement des technologies qui permet de déterminer bien avant l'accouchement le sexe du bébé. Lors d'une étude menée au Maharashtra, toujours en Inde, l'UNICEF a pu en effet observé que sur 8000 avortements pratiqués après l'amniocentèse déterminant le sexe du bébé, seul 1 ne concernait pas une petite fille !...

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